L'article premier.

L'article premier.
Je m'appelle Emma. Référence à Emma Bovary, de Flaubert. Mon père aurait préféré m'appeler Marie, ma mère et son excentricité me voyait plutôt comme une Zoé. Mais appelez-moi comme vous voulez, cela m'importe peu. Dans ce blog, je ne fais que déglutir les mots que je ne peux prononcer. Les mots qui restent coincés dans le fond de ma gorge. J'aime mettre des lettres, des phrases sur mes cauchemars, mes rêves, mes peurs, & mes angoisses. J'aime la musique. J'ai toujours aimé la musique, et à l'âge de 8 ans, la musique m'a tué pour mieux renaître, je crois. Un piano. C'est ça qui m'a donné la claque de ma vie. Après, il y a eu toutes les possibilités d'une voix. Puis la guitare. Je n'ai aucun don. Pas même pour ce passe-temps qui occupe la plupart de mon temps. Il y a des gens qui naissent un clavier sous la main. Et il y en a d'autres qui travaillent beaucoup pour nourrir leur passion. Je fais partie de la deuxième catégorie. J'ai toujours fait partie des deuxièmes catégories. Pour tout. Rain against the window... Pourquoi ? Je ne m'en rappelle même plus. Sûrement extrait d'une chanson que j'écoutais pendant la création de ce blog. Je suis une fan de Tim Burton. Big Fish, BeetleJuice et Edward aux mains d'argent sont certainement les films que j'aime le plus de cet artiste. J'ai vu tous ses films, à deux exceptions près. Oui, car je m'obstine à ignorer "Batman" et "Batman returns". Sinon, j'ai pour autre référence cinématographique Je vais bien ne t'en fais pas, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, Across The Universe ou encore Jeux d'enfants... Musicalement parlant, je suis bercé par Yann Tiersen, Jacques Brel, Gavin Degraw, AaRon, The Beatles, Cocoon, Glen Hansard, ou encore Philip Glass, pour n'en citer que quelques-un. Je pense que quelqu'un qui n'aime qu'un genre ne peut pas prétendre aimer la musique. Je ne sais pas vraiment ce que je voudrais faire dans l'avenir. L'avenir est un trop vaste mot qui me fait parfois peur. J'aimerai pouvoir me destiner un lycée option musique, une première et une terminale L. Et après ? Partir à Londres. Avec ma soeur. Julie. Nouvelle lubie. Mais pour faire quoi ? Aucune idée. Ou une faculté de musicologie. Voila, tout ça, c'est ce que je sais le mieux faire. Etaler des mots dont tout le monde se fout sur du papier que personne ne prendra dans ses mains. C'est comme ça que je peux être quelqu'un. C'est comme ça que je peux être moi.


Bienvenue sur RATW


Il l'a fait, oui, le 666ème commentaire, c'était lui !



# Posté le vendredi 03 avril 2009 17:23

Modifié le jeudi 03 décembre 2009 13:54

L'article second, suivant le précédent dans un ordre incompréhensible.

L'article second, suivant le précédent dans un ordre incompréhensible.
Je fais le vide.

"Je vois souvent ce qui se passe dans la tête des gens, c'est comme un jeu de pistes, un fil noir qu'il suffit de faire glisser entre ses doigts, fragile, un fil qui conduit à la vérité du monde, celle qui ne sera jamais révélée. Mon père un jour il m'a dit que ça lui faisait peur, qu'il ne fallait pas jouer à ça, qu'il fallait savoir baisser les yeux pour préserver son regard d'enfant. Mais moi les yeux je n'arrive pas à les fermer, ils sont grand ouverts, et parfois je mets mes mains devant pour ne pas voir..."

" Je croyais que l'on pouvait enrayer le cours des choses, échapper au programme. Je croyais que la vie pouvait être autrement. Je croyais qu'aider quelqu'un ça voulait dire tout partager, même ce qu'on ne peut pas comprendre, même le plus sombre. La vérité c'est que je ne suis qu'une madame-je-sais-tout (c'est mon père qui le dit quand il est en colère), un ordinateur en plastique minable qu'on fabrique pour les enfants avec des jeux, des devinettes, des parcours fléchés et une voix débile qui donne la bonne réponse. La vérité c'est que je n'arrive pas à faire mes lacets et que je suis équipée de fonctionnalités merdiques qui ne servent à rien. La vérité c'est que les choses sont ce qu'elles sont. La réalité reprend toujours le dessus et l'illusion s'éloigne sans qu'on s'en rende compte. La réalité a toujours le dernier mot. C'est Monsieur Marin qui a raison, il ne faut pas rêver. Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est plus fort que nous. "


Delphine de Vigan, No et Moi, ma préférence.


# Posté le samedi 04 avril 2009 17:42

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 10:16

L'article playlist du moment.

# Posté le mardi 07 avril 2009 10:20

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:45

L'article musical musicalement parlant.

L'article musical musicalement parlant.
Mes doigts n'avaient encore jamais rien touché, ma voix n'avait jamais rien chanté. Mes oreilles, elles, n'avaient jamais entendu plus que la lourdeur du silence, jusqu'à ce que 88 touches viennent éveiller mes sens. Au contact de cet instrument, une certaine frénésie s'échappa de tout mon corps. Je jubilais. Blanche, noire, blanche, noire... Je ne savais pas comment expliquer ce qui se passait dans les profondeurs de mon être. Un noeud constant s'était installé, n'ayant fait qu'attendre que ma vie commence, et à cet instant précis, tout se dénoua. Je naissais note par note, à la vitesse de mes doigts parcourant l'instrument. J'exultais. Ma vie commençait fortissimo, ma mère s'appelait piano.




Extrait de mon devoir du français x)
Sujet : Nous ne sommes pas nés le jour de notre naissance. uhu.



# Posté le mardi 23 juin 2009 16:13

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:39

L'article premier, dans l'ordre de l'importance.

L'article premier, dans l'ordre de l'importance.
Dire que tu réveilles mon coeur fatigué quand je te vois, dire que tu me fais me sentir bien, que tu fais mourir mon chagrin, et que tu m'aides rien qu'en étant là, près de moi, ce n'est rien comparé à l'immensité de ce que tu fais pour moi.

"Tu sais, Emma, si t'es pas bien, tu peux m'appeler. J'suis pas ta grande soeur pour rien. Si tu veux parler... Sur mon portable, mon fixe, mon mail... Je serai là."


Listen : X Sunday, Sia .

# Posté le mercredi 08 avril 2009 14:35

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 19:22

L'article des futures femmes mariées à des hommes-EDF.


Vous les voyez, les deux, là-bas ? Oui, oui, le grand machin qui ne sait pas quoi faire de son corps, qui semble légèrement ennuyeuse, et vide, et la petite, qui sautille partout et sourit à toutes les occasions. Vous les voyez alors ? Comment ne pas les voir ? C'est le noir et le blanc. L'ombre et la lumière. La grande, plongée dans le regard de cette autre fille, parait absorbée. Absorbée par quoi ? Quelle question ! Regardez-moi la petite. Regardez ses grands yeux qui respirent la joie de vivre. Regardez son corps, aussi frêle soit-il, tourbillonner. Regardez-la danser. Regardez comme elle semble s'envoler. Son rire transperce les murs, et rentre dans les coeurs. Il paraît réchauffer celui de la grande, d'ailleurs. Il paraît remplir celui de la vide. Fixez-la. Oui. Fixez-la juste un instant. Et vous comprendrez.

Camille & Emma. Leur futur : Camille et Emma se marieront avec des hommes travaillant chez EDF, pour n'avoir à payer que 10% de la facture d'éléctricité, et ainsi faire des économies considérables. Elles feront, chacune de leur côté, un enfant, puis, tueront leur mari, pour pouvoir hériter de tout. Elles s'enfuiront, chacune avec leur bébé, retrouver l'autre. Elles se paxeront, puis iront vivre à Londres, ville où Emma aura déjà vécu auparavant avec sa soeur, pour pouvoir suivre ses études de musicologie. Emma y aura gardé une maison, abandonnée car sa soeur, ayant rencontré l'homme de sa vie, aura été obligée de la quitter pour suivre le prince charmant. Camille et Emma s'y installeront, et vivront longtemps, main dans la main, avec leurs deux enfants.

Parce que tout est déjà dans le plan. <3

L'article des futures femmes mariées à des hommes-EDF.

# Posté le mercredi 19 août 2009 05:20

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:44

L'article fiction.

Mardi 3 mars.

Maman,
Aujourd'hui, c'est le 29ème jour que je passe sans toi. Papa noit sa peine dans les livres, aussi étrange que cela puisse paraitre, sachant qu'il n'avait jamais ouvert un bouquin de sa vie. Il a récupéré toute ta bibliothèque et la mise dans votre chambre. Je la trouvais bien moi, dans le salon. Maintenant, ça fait vide. Mais après tout, on ne pourra pas reprocher ça à papa, il faut bien qu'il occupe son temps. Il ne veut toujours pas retourner à l'usine. Il dit que là-bas, il n'y a rien d'intéressant.
Hier, je suis retournée dans ta librairie, tout a été vidé. Et j'ai vu que le local était à vendre... Tu te rends compte maman ? TON local ! Papa m'a dit que c'était mieux de ne pas le garder, parce que ça ne ferait "qu'empirer notre malheur" soit-disant, et qu'on garderait trop de souvenir dedans. Je ne suis pas d'accord avec lui. Il dit qu'il veut oublier, mais il passe ses journées le nez dans tes bouquins. Et moi... Moi je ne veux rien oublier !
Adrien est toujours à l'hopital, les médecins veulent le débrancher, ils nous ont appris mercredi dernier que c'était fini, que les chances pour qu'il vive sans tous ces misérables tuyaux étaient presque nulles. Mais papa s'accroche au "presque", et il a refusé. Alors il continue à y croire. Tu sais, après avoir vu mon monde s'écrouler, t'avoir perdu, avoir vu Adrien branché à toutes ses machines, et en voyant papa se perdre peu à peu dans ses souvenirs, je me dis que j'aurais préféré être avec vous dans la voiture. J'aurais préféré être à ta place maman.
Je sais, je suis lache de préférer la mort à l'affrontement de la réalité. Mais la vie, c'est trop compliqué pour moi. J'en suis arrivée à détester Anais et son idée stupide de m'inviter, le jour où tu as conduit Adrien au cinéma. Ce film, je suis allée le voir quelques jours plus tard...et il était nul ! Complètement nul !
Papa, avant-hier, il a oublié mon anniversaire... Tu te souviens, quand tu me demandais ce que je voulais qu'on fasse ? je te répondais toujours que je voulais faire un gateau avec toi. Et on passait des heures dans la cuisine pour un seul et unique gâteau. Et le pire,dans l'histoire, c'est que la plupart du temps, il était affreusement mauvais ! Mais j'étais quand même contente, parce que j'avais passé trois heures enfermé avec toi. Rien qu'avec toi...
Tu me manques. Tu me manques beaucoup. Je t'aime maman.

Image : Parade, disney, avril 2009.
L'article fiction.

# Posté le dimanche 19 avril 2009 07:06

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 10:18

Camille, c'est vrai, c'est le genre de fille qui pourrait vraiment m'énerver. Le genre de fille que je pourrai détester. Oui, sauf que c'est Camille. Malgrès sa discrétion absente, son rire transperçant les tympans des gens, ses critiques sur tout, son avis très tranché sur tout le monde... Malgrès son énergie un peu trop débordante, ses gestes un peu trop brusque et sa voix trop aigue, Camille, c'est mon tout. Je ne lui montre pas forcément tous les jours, ça n'est pas forcément la fille vers qui je me tourne quand je vais mal, mais en tout cas, c'est elle qui s'en aperçoit, et qui me fait rire quand je ne pense plus pouvoir. Et souvent, je l'aime tellement que ça me fait même peur.

Camille, c'est vrai, c'est le genre de fille qui pourrait vraiment m'énerver. Le genre de fille que je pourrai détester. Oui, sauf que c'est Camille. Malgrès sa discrétion absente, son rire transperçant les tympans des gens, ses critiques sur tout, son avis très tranché sur tout le monde... Malgrès son énergie un peu trop débordante, ses gestes un peu trop brusque et sa voix trop aigue, Camille, c'est mon tout. Je ne lui montre pas forcément tous les jours, ça n'est pas forcément la fille vers qui je me tourne quand je vais mal, mais en tout cas, c'est elle qui s'en aperçoit, et qui me fait rire quand je ne pense plus pouvoir. Et souvent, je l'aime tellement que ça me fait même peur.


Septembre 1999. Nouveau département, nouvelle maison, nouvelle maîtresse. Emmanuelle. Je me souviens de son énorme salopette en jean, de son ventre rond, de sa voix à demi-cassée, et des puzzles dans le fond de sa petite salle de classe. Premier jour d'école. Je suis perdue, je cherche, des gens, de la compassion, du réconfort. Je trouve. Chez deux personnes. Pauline, avec ses yeux foncés et mystérieux, et toi. La petite rigolotte, au rire désesperement aigu, que tout le monde aime bien, mais qui parait pourtant tellement seule. Je te raconte Arras, mon ancienne maison, le beffroi et sa hauteur vertigineuse, nos accents, et ma famille restée loin. Tu me racontes ta vie, les élèves, le village, l'école et le reste. Je me sens bien.
Septembre 2000. Grande section. Marylène et ses cheveux trop courts. Plus de Pauline dans ma classe. Toujours toi. On se qualifie de meilleure amie. On se promet de se donner toutes nos vies. C'est le temps des cavalcades dans le jardin, des cabanes improvisées, et du bonheur jusqu'en haut du coeur.
Septembre 2001. CP. Le passage dans la grande cours. Le déchiffrage des paquets de kellogs pour apprendre à lire ensemble. Glucides. Lipides. Incompréhensible. On rigole. C'est le temps de la marelle, des dessins à la craie sur nos routes, sur nos vies...
Septembre 2002. L'amitié absolue, avec ses minis querelles, et tout ce qui va avec. La neige qui tombe, et qui nous glace ensemble...toujours ensemble. Je me perds dans l'immensité de tes yeux. Tu deviens le pot de colle, la fille chiante par excellence. Et j'adore ça. C'est le temps des chansons sur le banc, au fond de la cours. Le temps des garçons, et des pactes d'amitié censés nous lier jusqu'au bout. Au bout de quoi ? On n'en sait rien, et on s'en fou.
Septembre 2003 et 2004. Eléments perturbateurs dans ma vie. Je m'effondre, coule, me noie. Tu plonges, et me rammènes à la surface. On ne se quitte plus. Tu me fais sortir de mon trou, chanter, rire, danser, vivre...
Septembre 2005. Dispute. On se perd, je te cherche, sans te trouver. Je m'enferme dans ma carapace, tu m'oublies, c'est fini. Oui, c'est ça. C'est fini.
Septembre 2006. 6ème. Première année séparée. Je suis seule dans une classe où je ne connais personne. Je passe l'année à essayer de retrouver mon anciennement inséparable. Sans succès. Tu as quelqu'un d'autre. C'est le temps des regrets, des pleurs, et des souvenirs qui se font flous. C'est le temps de l'orage qui s'abat sur les restes de nous. Il ne reste qu'un toi et moi timide, et dénué de sens. Et tu me manques.
Septembre 2007-2008. 5ème, 4ème. Même classe, mêmes profs, et mêmes amies. On redevient NOUS. Toi et moi n'existe plus, et on l'oublie. NOUS reprend le dessus, il nous attrape et nous lie. Tout est simple. C'est le temps du bus, et des retour à pied jusque chez toi. C'est le temps des remémorations de notre école, de notre enfance, de nos souvenirs qui réapparaissent. Tu es mon tout. Je ne te confie rien. Tu devines tout.
Septembre 2009. 3ème. Séparées, à nouveau. Moi en A, toi en B. Je ne te parle plus à distance en cours de techno, je ne te souffle plus les réponses à l'autre bout de la classe en cours d'anglais. Mais NOUS est toujours là. Parce que l'inverse serait inconsevable. NOUS rentre toujours à pied ensemble. C'est le temps des films d'horreur dans la vieille maison abandonnée, et de ta main broyant la mienne, dans un moment d'angoisse. Le temps de la G.R.S, des soirées entre amis, des photos dans ton jardin... C'est notre temps.
Et demain...Demain...C'est Tellement loin.

Camille, la seule vraie meilleure amie qui restera là jusqu'au bout. Au bout de quoi ? On en sait rien, et on s'en fou.

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 12:56

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 09:23